RENCONTRE AVEC LES HADZABE (ou HATZABE)
Bienfaits et méfaits du tourisme ...
MEETING HATZABE PEOPLE,
Benefits and ravages of tourisma
Les Hatzabe (1.500-2.000 personnes) sont l’un des plus ancien peuple d’Afrique et parlent une langue à click, comme les Bushmen. Leur survie, en tant que chasseurs-cueilleurs, dépend étroitement d’un espace territorial suffisant et de ses ressources naturelles. Jusqu’aux années 1950, ils vivaient uniquement de chasse et de cueillette dans de petits campements nomades et n’avaient ni chef, ni organisation politique formelle.
Le gouvernement tanzanien a fait plusieurs tentatives de sédentarisation des Hatzabe dans des villages pour les transformer en fermiers. Aujourd’hui, la majorité d’entre eux vit dans des campements, dans des huttes aux toits de palme, mais ils continuent de nomadiser dans le bush en quête de nourriture.
Le problème est que le gouvernement tanzanien a failli vendre en 2007 des terres à des investisseurs étrangers, la Tanzania UAE Safari Ltd Company, pour réaliser un projet de safari et de chasse pour clientèle fortunée dans la vallée de Yaida et la région du lac Eyasi au cœur des terres ancestrales hatzabe.
Des associations de défense des peuples autochtones ont lancé une campagne de soutien afin de demander au gouvernement tanzanien de ne pas accorder de concession à cette compagnie . Le contrôle de cette concession de chasse dans cette vallée du district de Karatu présentait un danger direct pour la survie du peuple Hatzabe. Ils auraient en effet perdu leurs principaux moyens de subsistance : la chasse et la cueillette. Ils seraient devenu des étrangers sur leur propre terre, avec des conséquences dramatiques pour leur survie en tant que peuple distinct .
La Tanzania UAE Safari Ltd Company appartient à des membres de la famille royale des Emirats arabes unis. L'an passé, la compagnie avait déjà dressé une base pour la chasse commerciale et sportive pour grosses fortunes. Elle désirait étendre son domaine de chasse réservée et avait fait une demande auprès du district de Karatu afin d'obtenir une concession de 3.975 km2 de terre dans la vallée de Yaida (incluant le lac Eyasi), au cœur des terres ancestrales hadzate.
Les Hadzabe s'opposaient à ce projet et avaient demandé aux autorités tanzaniennes de ne pas accorder cette concession . En mai dernier, Richard Baalow, l'un des porte parole des Hadzabe, qui essayait d'aider sa communauté dans ses revendications auprès des autorités, avait été arrêté par la police tanzanienne (et remis en liberté peu après).
Les Hadzabe avait alors proposé une série d'actions pour promouvoir le dialogue, la paix et la tolérance entre les parties, dont un appel à la famille royale des Emirats arabes unis de considérer la vulnérabilité des Hadzabe.
La résistance des Hadzabe et le soutien des organisations de défense des peuples autochtones ont donc réussi à faire entendre la voix de la raison à cette compagnie de safari et permis aux Hadzabe de conserver leur mode de vie.
"Nous ne mourrions pas de faim lorsque nous jouissions pleinement de nos terres. Mais maintenant que la plupart d’entre elles sont occupées et continuent de l’être, beaucoup d’Hadzabe ont faim".
The Hatzabe (1.500-2.000) are one of the oldest people of Africa and speak a click language as the Bushmen. Their survival, as hunter-gatherers, depends on an adequate territorial space and its natural resources. Until 1950, they lived only hunting and gathering in small nomads encampments and had no head, no formal political organization.
The Tanzanian government has made several attempts to settle Hatzabe in villages to transform them into farmers. Today, the majority of them live in camps, in huts with roofs of palm, but they continue to nomadise in the bush in search of food.
The problem is that, in 2007, the Tanzanian government was ready to sell lands to foreign investors, the Tanzania UAE Safari Company Ltd, to carry out safari and hunting for wealthy clients in the Yaida Valley and the Lake Eyasi region, heart of ancestral Hatzabe lands.
Associations for the Defence of peoples launched a campaign and asked the Tanzanian government not to grant concession to the company. The monitoring of this concession hunting in this valley of Karatu presented a direct threat to the survival of the Hatzabe people. They would have indeed lost their main means of subsistence : hunting and gathering. They would have become foreigners in their own land, with dramatic consequences for their survival as a distinct people.
The UAE Tanzania Safari Company Ltd is owned by members of the United Arab Emirates royal family. Last year, the company had already established a basis for commercial hunting and sports for big fortunes. They wanted to extend this hunting area reserve and had made a request from Karatu to obtain a concession of 3,975 km2 of land in the Yaida valley (including Lake Eyasi), the heart of ancestral Hatzabe lands. The Hatzabe opposed to this project and asked the Tanzanian authorities not to grant this concession.
Last May, Richard Baalow, a spokesman of the Hatzabe, who tried to help the community in its claims to the authorities, was arrested by Tanzanian police (and released shortly thereafter). The Hatzabe proposed a series of actions to promote dialogue, peace and tolerance between the parties, including an appeal to the royal family of United Arab Emirates to consider the vulnerability of the Hatzabe.
The resistance of the Hatzabe and the support organizations defending indigenous peoples managed to make this company safari see reason and allowed Hadzabe to maintain their lifestyle.
"We did not die of hunger when we fully enjoyed our lands. But now that most of them are employed and continue to be, many Hatzabe are hungry."
Un excellent reportage sur le peuple hadzabe peut être regardé en ligne sur le site Dailymotion, voici les liens :
An excellent TV report on the hatzabe people can be viewed online on Dailymotion, here are the links :
oooOooo
Nous avons eu la chance de passer une demi-journée avec une tribu de Hatzabe dans la région du lac Eyasi.
Ils nous ont tout d'abord montré comment allumer un feu et comment aîguiser la lame de la hache. A peine le feu allumé, ils allument leur chicha, pipe en bois et nous apprenons que ce sont de gros fûmeurs de tabac et de canabis qui est cultivé illégalement dans le pays.
We had the chance to spend half a day with a tribe of Hatzabe people in Lake Eyasi region, last February.
They first showed us how to light a fire and sharpen the blade of an axe. As soon as the fire is lit, they light their chicha, a pipe made of wood and we learnt that they are heavy tobacco and canabis smokers canabis being grown illegally in the country.
Des photos extraites de nos vidéos
Pictures from our videos
Départ à la chasse, photos extraites de nos videos
Departure for hunting, photos from video
Nous avons suivi un groupe de jeunes hatzabe dans leur quête de nourriture ; leur chasse n'ayant pas été fructueuse, ils sont partis cueillir du miel dans les arbres qu'ils nous ont fait goûter. Les jeunes hadzabe commencent à chasser à partir de l'âge de 8 ans environ. Ils sont équipés d'arcs en bois, de flêches avec pointes métalliques et plûmes de pintades sauvages qui sont fabriquées et décorées pour eux par la tribu des Datoga et qu'ils enduisent de poison. Ils vont chercher fort loin ce poison qui est d'origine naturelle. Ils sont accompagnés de plusieurs chiens pour rabattre le gibier.
Le guide local nous a expliqué que les Hadzabe ne font pas de provisions : chaque jour ils partent à la recherche de nourriture (gibier, fruits, racines, miel ....). S'ils tuent un gros animal, ils vont le manger entièrement, ils ne conservent pas la viande en la salant ou en la fumant par exemple.
We then followed a group of young hatzabe in their quest for food with their bows and arrows. As their hunting had not been fruitful, they decided to gather wild honey in the baobab trees that we had the chance to taste. Young hatzabe begin hunting at 8. They are equipped with wooden bows, arrows with metal spikes and wild fowl feathers which are manufactured and designed for them by the Datoga tribe and that they coat with poison. They will look very far for this poison which is of natural origin. They go hunting accompanied by several dogs.
The local guide explained us that the Hatzabe do not keep food : each day they leave in search of food (game, fruits, roots, honey ....). If they kill a large animal, they will eat it entirely, they salt or smoke meat for example.
Dans le premier baobab, il s'agissait d'une espèce de petites abeilles qui ne piquent pas et font leur nid au coeur des branches. Il suffit donc, si l'on peut dire, de monter dans l'arbre, de couper une branche, de l'ouvrir et de se régaler ! ... Enfin cela semble super simple pour eux, mais quand on voit la taille de l'arbre on se dit que nous européens aurions quelques problèmes pour les imiter ! Pour repérer les branches colonisées par les abeilles, ils cherchent une espèce de petit tube translucide qui dépasse et sert à l'entrée et la sortie des abeilles. Ces petites abeilles sont minuscules, de la taille d'une fourmi. La quantité de miel recueillie dans ces branches n'est pas très importante.
In the first baobab, it was a species of small bees that do not bite and make their nest in the heart of the branches. They just have then, if one may say, to climb in the tree, cut a branch, open it and enjoy! ... Finally it seems super simple for them, but when you see the size of the baobab, it is clear that we Europeans would have a few problems to imitate them ! To locate the branches colonized by bees, they seek some kind of small translucent tube that transcends and is used for the entrance and exit of bees. These little bees are really tiny, about the size of an ant. The quantity of honey collected in these branches was not very important.
1er baobab - photos extraites de vidéos
1st baobab - photos from videos
Dans le second baobab, il s'agissait d'abeilles plus dangereuses, il a donc fallu enfumer l'essaim avant de pouvoir en extraire le miel ! Là la récolte est beaucoup plus intéressante, outre ce qui a été dégusté sur place, les jeunes hadzabe ont rempli deux bouteilles en plastiques vides qu'ils ont coupées.
Pour monter dans ces arbres qui sont fort hauts, ils plantent dans l'écorce des bouts de bois qui leur servent de marches. On peut voir d'ailleurs sur les photos les marques laissées par ces pieux en bois qu'ils ne laissent pas toujours en place.
In the second baobab, it was more dangerous bees, stinking ones, and they had therefore to smoke the swarm before extracting honey. The harvest, this time, was much more interesting: in addition to what was eaten on the spot, young hatzabe filled two empty water plastic bottles.
To climb this second baobab which was very high, they planted in the bark pieces of wood that served as steps. You can see on the tree trunck the previous marks left by these piles of wood they do not always leave in place.
2e baobab - photos extraites de nos vidéos
2nd baobab - photos from our videos
L'écorce de l'accacia que l'on voit ci dessous n'a pas été abîmée par une maladie, ce sont les hatzabe qui raclent l'écorce et la piquent pour en extraire la sève qui a des vertus curatives. C'est un anti douleur, leur cachet d'aspirine liquide en quelque sorte !
The bark of this accacia shown below has not been damaged by an illness, it is the hatzabe whoi scrape the bark and bite it to extract its sap which is curative. It is an anti pain medicine, their liquid aspirin tablet in some way !
Retour de promenade - photos extraites de nos vidéos
Back to the village - photos from our videos
De retour au village, nous nous sommes entraînés au tir à l'arc sous leur égide, très dur le tir à l'arc avec un arc en bois, je suis une piètre tireuse ! Mon fils a assuré quant à lui et a eu droit aux applaudissements !
Nous avons rencontré les femmes du village qui fabriquent de très beaux bijoux, bracelets et colliers qu'ils portent tous, hommes comme femmes et en grand nombre. Ils sont réalisés avec des épines de porc épic et du bois. Les hommes hatzabe portent aussi des signes de scarification qui sont liés à leurs croyances, mais ils n'ont pas de religion.
Puis nous avons assisté à un spectacle de danses et chants traditionnels.
Back to the village, we had a small training in archery ; I found very hard to draw a wooden bow, I was not very good at it ! My son, on the contrary, was applauded !
We met the village women who make beautiful jewelry, bracelets and necklaces, they wear all men and women in large numbers. They are made with porcupine spines and timber. Hatzabe men also have scarrings that are linked to their beliefs, but they have no religion.
Finally we attended a performance of traditional dances and songs.
Photos extraites de nos vidéos
Pictures from our videos
Pour finir, nous avons réalisé quelques emplettes : flêches, colliers, bracelets. L'argent qu'ils gagnent en vendant ces objets leur sert quasiment exclusivement pour acheter leurs quelques outils et les pointes de leurs flêches aux Datoga.
Les deux flêches que nous avons achetées sont un peu abîmées du fait du voyage mais ce ne sont pas des flêches neuves, elles ont déjà été utilisées par les hatzabe pour la chasse et ont donc déjà tué du gibier.
Finally, we made some shopping: arrows, necklaces, bracelets. The money they earn by selling these objects serves almost exclusively to buy their tools and the tips of their arrows to the Datoga.
The two arrows that we purchased were a little spoiled during our travel back to France but they have already been used by hatzabe for hunting and have already killed game.
Nous avons filmé les hadzabe et vous trouverez quelques extraits de nos vidéos dans les pages suivantes.
We took some videos during the morning we spent with hatzabe people, you will find some extracts in the following pages.