Philaé, petite île près d'Assouan, est surtout connu pour son temple d'Isis . Construit tardivement, il est aussi l'un des mieux conservé d'Égypte. Les édifices actuels ont été commencés par les derniers pharaons autochtones (Nectanébo Ier) et terminés par les empereurs romains, malgré les petites touches coptes. Philaé était fréquentée jusqu'au sixième siècle de notre ère par les Blemmyes, peuple de la lointaine Nubie. Vers 550, l'empereur Justinien interdit le culte d'Isis au temple de Philaé, qui sera transformé en église.
Les monuments de Philaé sont relativement tardifs, les premiers datent des derniers pharaons au IVe siècle av. J.-C. et les derniers de l’époque romaine, en passant par les Ptolémées. Le temple principal est consacré à la déesse Isis.
Après la construction par les Britanniques, en 1894, du premier barrage d’Assouan, les temples de Philaé furent en partie immergés par le Nil dix mois sur douze. Pendant 70 ans donc, la visite du temple de Philaé en barque, était un spectacle où le pittoresque s’alliait à la beauté.
En 1979, on commença à construire le second barrage, un travail représentant une masse de quarante trois millions de mètres cubes de matériaux, projet constituant une menace pour Philaé. Comment sauver Philaé ? Une solution finit par s’imposer : démonter le temple et le transporter sur l’îlot Aguilkya à trois cents mètres vers l’aval et que les eaux du Nil ne recouvrent jamais. La gigantesque opération fut menée sous les auspices du ministère de la Culture égyptien, des services d’archéologie du Caire ainsi que de l’Unesco, Mme Christiane Desroches Noblecourt étant la cheville ouvrière de tous les sauvetages.
En premier lieu il a fallu construire autour de Philaé deux parois métalliques de 17 mètres de haut et distantes de 12 mètres constituées de 850 rideaux d’acier pesant 1276 tonnes qui, une fois remplies de 200 000 mètres cubes de sable, formeraient une protection efficace contre la pression de l’eau environnante. Ensuite l’eau qui se trouvait à l’intérieur de l’enceinte a été pompée et rejetée dans le lac. L’île asséchée, la vase enlevée, commença l’enregistrement. Le moyen consiste à employer des paires d’appareils photographiques de très haute précision afin de donner des photos tridimensionnelles de chaque monument que l’on peut ensuite reproduire à l’aide d’un appareil particulier à la stéréophotographie, permettant de tracer une ligne continue de toutes les constructions sur la surface du monument; le dessin de contour résultant de cette opération est alors tellement précis qu’il donne l’indice de guide nécessaire pour la reconstruction du monument dans son aspect primitif.
Le cadastre photogrammétrique du temple de Philaé fut effectué par l’IGN qui a exécuté approximativement six cents enregistrements photogrammétriques représentant environ 95% de toutes les surfaces des temples.
Les temples ont ensuite été découpés en blocs et extrait du site à l’aide de barges qui ont emmené les morceaux pour les mettre à l’abri, le temps de les reconstruire sur leur nouveau site d’accueil : l’île d’Aguilkia, 300 mètres plus au nord. L’île a été arasée de 30 mètres et remodelée afin de lui donner l’aspect de l’île de Philaé originale, celle d’un oiseau nageant sur le Nil. Le transport des temples commença le 9 septembre 1974 et s’acheva deux années plus tard.
Le gouvernement Égyptien, qui avait déjà contribué pour plus de moitié aux frais nécessaires pour sauver les deux temples d’Abou Simbel, envisagea la question de fournir les montants requis. Vingt-trois états ont cotisé à la caisse de l’Unesco ; à ces subsides sont venus s’ajouter les revenus des expositions des trésors égyptiens qui ont sillonné le monde. Le total de toutes ces participations a atteint un montant de plus de 15 millions de dollars.
Philae is an island in the Nile River and the previous site of an Ancient Egyptian temple complex in southern Egypt. The complex is now located on the nearby island of Agilika. Philae also was remarkable for the singular effects of light and shade resulting from its position near the Tropic of Cancer. As the sun approached its northern limit the shadows from the projecting cornices and mouldings of the temples sink lower and lower down the plain surfaces of the walls, until, the sun having reached its highest altitude, the vertical walls are overspread with dark shadows, forming a striking contrast with the fierce light which embathes all surrounding objects. By 1960, UNESCO had decided to move many of the endangered sites along to Nile to safer ground. Philae's temple complex was moved, piece by piece, to Agilkai, 550 meters away, where it was reassembled and remains today. That project lasted from 1977 to 1980.